Pull, sweat ou gilet de Noël : lequel pour quel usage ?

Le pull tricoté, le sweat molletonné et le gilet ouvert devant ne rendent pas les mêmes services. Chaleur, lavage, bureau : le comparatif d’usage, sources à l’appui.

Par Hélène Castaing9 min de lecture

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Deux sweats à capuche, beige et vert amande, sur cintres en bois à un portant métallique
Photographie de Ron Lach, Pexels, Licence Pexels.

Le gilet de Noël convient le mieux aux journées qui alternent trajet froid et bureau chauffé, parce qu’il s’ouvre et s’enlève sans passer par la tête. Le pull tricoté convient aux longues soirées dans une pièce fraîche, porté sur une première couche fine. Le sweat en coton molletonné convient aux usages qui salissent et aux lavages fréquents, à condition que son étiquette d’entretien le confirme.

Le motif de Noël ne change rien à ces usages : un renne tricoté ou imprimé ne réchauffe pas davantage. Ce qui compte, c’est la construction du vêtement, maille tricotée ou étoffe molletonnée, la façon de le mettre et de l’enlever, et ce qu’autorise son étiquette d’entretien. Ces trois points se comparent d’après des sources publiques sur le froid, le chauffage et le vocabulaire.

Pull, sweat, gilet : trois constructions sous le même motif

Un pull de Noël est un tricot : des boucles de fil entrelacées, la maille, forment un vêtement qu’on enfile par la tête. Cette structure lui donne son élasticité, et aussi sa fragilité, car une maille mouillée s’étire sous son propre poids et une maille de laine frottée dans une eau trop chaude peut feutrer. C’est pourquoi l’étiquette d’un pull en laine demande souvent un programme laine ou un lavage à la main.

Un sweat-shirt n’est pas tricoté de la même manière. C’est un vêtement coupé et cousu dans une étoffe molletonnée, dont l’envers est gratté ou bouclé ; il se porte comme un pull, mais son étoffe est en général plus stable et se déforme moins au lavage. Le gilet, enfin, est un tricot comme le pull, mais ouvert devant et fermé par des boutons ou une fermeture à glissière.

Ces trois constructions expliquent presque tout le reste du comparatif. Le pull et le gilet partagent la délicatesse de la maille, le pull et le sweat partagent la contrainte de s’enfiler par la tête, et seul le gilet s’ajuste en cours de journée sans qu’on ait à se déshabiller.

Le tableau des usages : chaleur, lavage, bureau

Voici comment les trois vêtements se comparent sur les usages qui décident d’un achat :

UsagePull tricotéSweat molletonnéGilet de maille
Mettre et enleverPar la têtePar la tête, sauf modèle zippéS’ouvre devant, s’enlève en quelques secondes
Régler la chaleur en cours de journéePeu : on le garde ou on l’enlèvePeu, sauf modèle zippéFacile : ouvert, fermé ou posé sur les épaules
SuperposerSur une couche fine, sous un manteauEncombrant sous une veste ajustéeSur une chemise ou un pull fin
LaverProgramme délicat ou lavage à la main, selon l’étiquetteSouvent en machine, selon l’étiquetteComme un pull, boutons fermés
Porter au bureauSelon le code vestimentairePlutôt décontractéLe plus facile à associer à une tenue de travail

Entre un pull, un sweat et un gilet, la matière pèse autant que la forme. Un pull en acrylique et un pull en laine ne réagissent ni de la même façon au lavage ni de la même façon à l’humidité, et un sweat peut contenir une part de polyester. Le détail fibre par fibre se trouve dans le guide laine, acrylique ou coton : de quoi est fait un pull de Noël. Avant d’appliquer une ligne du tableau à un vêtement précis, lisez donc sa composition et ses symboles d’entretien.

Pour avoir chaud, deux couches fines valent mieux qu’une épaisse

Le vêtement le plus épais n’est pas forcément celui qui tient le plus chaud sur une journée entière. Dans sa fiche sur la prévention des risques du travail au froid, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) formule la règle sans détour : « Préférer plusieurs couches de vêtements à un seul vêtement épais. » La même fiche précise que la couche au contact de la peau doit isoler et éloigner l’humidité, pour que la peau reste sèche.

L’humidité est justement le point qui départage le sweat du pull. L’INRS rappelle que « des vêtements humides sont inconfortables et isolent mal du froid ». Si un vêtement épais vous fait transpirer pendant un trajet dans une rame bondée, alors il restera humide une fois sur le quai, et c’est cette humidité qui refroidit. Un gilet ouvert à temps, ou un pull fin sous un manteau qu’on déboutonne, limite ce va-et-vient.

La recommandation vaut aussi à la maison. Sur sa page consacrée aux gestes à adopter en période de grand froid, Santé.fr, le service public d’information en santé, conseille de maintenir le logement entre 19 °C et 21 °C et résume : « Ne pas surchauffer son logement mais s’habiller chaudement, avec plusieurs couches de vêtements. » Dehors, la même page recommande plusieurs couches et un coupe-vent imperméable : aucun pull, aucun sweat, aucun gilet ne remplace un manteau par vent fort.

Traduite en choix de vêtement, la règle donne ceci : un tee-shirt ou une chemise, puis un gilet ou un pull fin, puis le manteau, plutôt qu’un sweat très épais porté seul sous une veste. Le pull de Noël épais garde tout son intérêt pour une soirée immobile dans une pièce fraîche, où l’on ne transpire pas et où l’on n’a pas à l’enlever.

Sweat, gilet, pull moche : ce que disent les mots

Le dictionnaire tranche plus nettement que les fiches produits. La définition du sweat-shirt dans le Larousse tient en une ligne : « Pull-over ou polo en coton molletonné ou en tissu-éponge. » Le même article rappelle l’étymologie anglaise du mot, de to sweat, transpirer, et shirt, chemise. C’est donc l’étoffe molletonnée qui fait le sweat, et non la capuche ni la poche kangourou.

Le gilet, lui, se définit par sa forme. Parmi les sens que donne l’article gilet du même dictionnaire, celui qui concerne le rayon des pulls est le troisième : « Veste en tricot, ouverte sur le devant, avec ou sans manches. » Un gilet de Noël sans manches entre donc bien dans la définition, et il se superpose plus facilement encore qu’un gilet à manches, par-dessus une chemise ou un pull fin.

Un quatrième mot brouille souvent la recherche : pull moche. Dans l’usage, les deux expressions se recoupent sans se confondre, et Le Pull Moche, une boutique du même éditeur que ce guide, a publié cette mise au point sur les deux mots. Pour choisir entre pull, sweat et gilet, la nuance change peu de chose : un pull dit moche peut être tricoté, molletonné ou ouvert devant, et les règles d’usage de ce comparatif s’appliquent à lui de la même façon.

Au bureau, le gilet suit la température de la pièce

Au bureau, le gilet de Noël a un avantage que ni le pull ni le sweat ne partagent : il se règle sans quitter sa chaise. Une salle de réunion fraîche le matin, un open space chauffé l’après-midi, une pause sur un balcon : on l’ouvre, on le ferme, on le pose sur les épaules. Un pull enfilé par la tête se garde ou s’enlève, et l’enlever en pleine réunion n’est pas toujours discret.

La consigne publique de chauffage renforce cet argument. Sur la page « Pour la planète, chaque geste compte », le ministère de la Transition écologique invite à régler le chauffage « à 19°C maximum » et chiffre l’enjeu : « Baisser le chauffage de 1°C dans son logement, c’est 7% d’économies d'énergie par an. » Ces chiffres portent sur le logement ; au travail, la température dépend de l’employeur. Une pièce tenue autour de 19 °C se vit pourtant mieux avec une couche de plus qu’on peut ôter, et c’est exactement le rôle d’un gilet.

Si votre bureau attend une tenue sobre, alors le gilet est aussi le plus simple à assortir : porté ouvert sur une chemise unie, un motif de Noël discret passe mieux qu’un sweat à grande illustration. Si le code vestimentaire est libre, en revanche, le critère redevient la chaleur et le lavage, et le sweat retrouve toute sa place.

Au lavage, le molleton pardonne plus que la maille

Le sweat molletonné est en général le plus simple à entretenir, parce que son étoffe coupée et cousue se déforme peu et que le coton supporte des programmes plus énergiques que la laine. C’est une tendance, pas une règle : un sweat en mélange de laine, ou orné de sequins, de feutrine collée ou de pompons, peut exiger un programme délicat. L’étiquette d’entretien cousue dans le vêtement fait foi, pas son apparence.

Le pull et le gilet de maille demandent les mêmes égards : eau tiède ou froide, essorage doux, séchage à plat pour que la maille ne s’allonge pas sous son poids. Le gilet ajoute une précaution, fermer ses boutons ou sa fermeture avant le lavage, pour que le devant garde sa forme et que la glissière n’accroche pas la maille. La méthode complète, programme par programme, est détaillée dans le guide laver un pull de Noël sans le déformer ni le feutrer.

Pour un vêtement lavé souvent, un pull d’enfant, un haut porté pour cuisiner ou pour un long repas de fête, le sweat garde donc l’avantage. Pour un vêtement porté quelques fois par saison et lavé rarement, la délicatesse de la maille ne présente pas d’inconvénient réel.

La taille : prévoir la couche du dessous

La taille ne se choisit pas de la même façon pour les trois vêtements, parce qu’ils ne se portent pas au même étage de la superposition. Un gilet se porte par-dessus une chemise ou un pull fin, et il lui faut assez d’aisance au tour de poitrine et aux emmanchures pour se boutonner sans tirer. Un pull se porte sur une couche fine, et un sweat se porte souvent seul, sur un simple tee-shirt.

Si vous hésitez entre deux tailles de gilet et que vous comptez le porter sur un pull, la taille au-dessus est en général la plus sûre ; si vous le porterez sur une chemise seule, votre taille habituelle suffit le plus souvent. Pour un sweat, la coupe prime sur la taille : un modèle ample se choisit dans votre taille, pas une au-dessus. Les coupes ample et ajustée sont comparées en détail dans le guide oversize ou ajusté : quelle coupe selon la morphologie.

Ce que les guides de tailles publiés par les marques ne précisent pas toujours, c’est si leurs mesures sont celles du corps ou celles du vêtement. Vérifiez-le avant de comparer : un tour de poitrine de 100 cm mesuré sur le corps et un tour de poitrine de 100 cm mesuré sur le vêtement ne désignent pas la même taille, l’écart correspondant à l’aisance prévue par le modèle.

Choisir selon sa journée type

Le plus simple est de partir de la journée pendant laquelle le vêtement sera porté, plutôt que du vêtement lui-même :

  • trajet dans le froid, bureau chauffé, puis réunion : le gilet, sur une chemise ou un pull fin ;
  • soirée entière assis dans une pièce fraîche, repas de famille, veillée : le pull tricoté, sur une couche fine ;
  • journée active, enfants, cuisine, lavages fréquents : le sweat molletonné, si son étiquette autorise la machine ;
  • sortie longue par temps froid : n’importe lequel des trois, mais sous un manteau coupe-vent ;
  • journée où la température change sans cesse : le gilet, ou un sweat zippé, qui s’ouvre de la même manière.

Aucun de ces choix n’est définitif. Le point commun des cinq réponses rejoint les consignes de l’INRS et de Santé.fr : plusieurs couches, un vêtement qu’on peut ôter avant d’avoir transpiré, et un entretien compatible avec la fréquence à laquelle vous le porterez.

Les questions qui reviennent

Un sweat de Noël tient-il plus chaud qu’un pull ?
Pas forcément. Un sweat en coton molletonné est épais, mais la chaleur ressentie dépend aussi de la matière, de l’humidité et de la superposition. L’INRS conseille de préférer plusieurs couches de vêtements à un seul vêtement épais et rappelle que des vêtements humides isolent mal du froid. Un pull fin porté sur un tee-shirt, sous un manteau, peut donc mieux protéger qu’un sweat épais dans lequel vous transpirez.
Peut-on porter un pull de Noël au bureau ?
Oui, si le code vestimentaire le permet, et le gilet est alors le plus pratique. Il s’ouvre et s’enlève sans passer par la tête, ce qui permet de suivre les écarts de température entre une salle fraîche et un bureau chauffé. Porté ouvert sur une chemise unie, un gilet à motif discret reste aussi plus sobre qu’un sweat à grande illustration.
Quelle est la différence entre un sweat et un pull ?
Le pull est un tricot, fait de mailles. Le sweat-shirt est défini par le Larousse comme un « Pull-over ou polo en coton molletonné ou en tissu-éponge » : c’est son étoffe molletonnée, coupée et cousue, qui le distingue. Cette différence de construction explique pourquoi un sweat se déforme en général moins au lavage qu’un pull de maille.
Comment laver un gilet de Noël sans le déformer ?
Fermez ses boutons ou sa fermeture à glissière, retournez-le et suivez son étiquette d’entretien : programme délicat ou lavage à la main pour un gilet de laine, eau tiède ou froide, essorage doux. Séchez-le ensuite à plat, sur une serviette, plutôt que suspendu, car une maille mouillée s’allonge sous son propre poids.

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