Label Oeko-Tex, GOTS, RWS : lire l’étiquette d’un pull
Trois logos, trois promesses : OEKO-TEX STANDARD 100 teste les substances nocives, GOTS certifie la fibre biologique et sa transformation, le RWS interdit le mulesing.
Sur l’étiquette d’un pull, les logos OEKO-TEX, GOTS et RWS ne garantissent pas la même chose. OEKO-TEX STANDARD 100 porte sur les substances nocives présentes dans le vêtement, GOTS sur la fibre biologique et toute sa transformation, et le Responsible Wool Standard (RWS) sur les élevages de moutons, mulesing compris. Aucun des trois ne dit si le pull taille grand, s’il boulochera ou s’il vous grattera.
Lire une étiquette de pull, c’est donc d’abord identifier le label exact, puis vérifier qu’il couvre bien ce pull, et pas seulement la marque ou un autre produit. Chaque label est décrit ici d’après le texte publié par son propre organisme, avec la manière de le contrôler.
Trois labels, trois promesses différentes
Voici ce que certifie chacun des trois labels, d’après les pages publiées par leurs organismes :
| Label | Ce qu’il certifie | Ce qu’il ne certifie pas | Comment le vérifier |
|---|---|---|---|
| OEKO-TEX STANDARD 100 | Chaque composant du vêtement contrôlé au regard d’une liste de substances nocives | L’origine biologique des fibres, l’impact environnemental de la fabrication | QR code ou numéro de certificat, sur l’outil Label Check d’OEKO-TEX |
| GOTS | Au moins 70 % de fibres biologiques certifiées, toutes les étapes de transformation, des critères sociaux | La qualité de la maille, la tenue au lavage | Chaque entreprise de la chaîne doit être certifiée par un organisme indépendant |
| RWS | Des élevages audités : bien-être animal, gestion des terres, conditions sociales, mulesing interdit | L’absence de substances nocives dans le pull fini | Une allégation approuvée par un organisme de certification, une chaîne certifiée jusqu’au dernier vendeur professionnel |
Ce que ce tableau ne dit pas : un même pull peut porter deux labels, ou aucun, sans que cela renseigne sur sa qualité de fabrication. Un label répond à une question précise. Pour savoir si un pull est bien fait, il faut regarder la jauge, les coutures et les finitions, que détaille le guide jauge, maille, finitions : reconnaître un pull bien fait.
OEKO-TEX STANDARD 100 : un label de santé, pas d’écologie
OEKO-TEX STANDARD 100 certifie qu’un textile a passé des tests de substances nocives, du fil au produit fini. La page officielle du STANDARD 100 le résume ainsi, en anglais : « Every thread, button and accessory have been tested against a list of over 1,000 harmful substances ». Chaque fil, chaque bouton et chaque accessoire a donc été contrôlé au regard d’une liste de plus de 1 000 substances nocives. Pour un pull de Noël, la formule a une conséquence concrète : si le pull porte le label, ses boutons et ses fils décoratifs font partie de ce qui a été contrôlé, au même titre que la laine ou l’acrylique.
Les exigences varient selon l’usage prévu. OEKO-TEX répartit les produits en quatre classes, d’autant plus strictes que le contact avec la peau est intense : la plus exigeante vise les articles pour bébés et enfants jusqu’à 3 ans, puis viennent les produits au contact direct de la peau, ceux sans contact direct, comme une veste, et enfin le linge de maison et la décoration. Un pull porté à même la peau relève logiquement du contact direct ; un pull de bébé, de la classe la plus stricte.
Ce label n’est pas un label environnemental. Il ne dit rien de l’eau consommée, de l’énergie dépensée ni de l’origine des fibres. L’association décerne d’ailleurs un autre label, OEKO-TEX Made in Green, et c’est celui-là que l’ADEME range parmi les labels environnementaux reconnus, pas le STANDARD 100.
La vérification prend une minute. La page officielle invite à scanner le QR code de l’étiquette ou à saisir le numéro de certificat dans l’outil Label Check. OEKO-TEX indique aussi que le certificat est délivré pour un an et que ses valeurs limites sont revues au moins une fois par an : un certificat expiré ne dit rien de plus que ceci, le produit était conforme au moment des analyses.
GOTS : la fibre biologique et toute sa transformation
GOTS, le Global Organic Textile Standard, certifie à la fois l’origine biologique des fibres et la façon dont elles ont été transformées. Sur la présentation des critères clés de GOTS, son propriétaire, Global Standards, pose le seuil : « GOTS-certified products must contain a minimum of 70% certified organic fibres ». Ces fibres doivent être certifiées selon l’une des normes de la famille IFOAM, c’est-à-dire produites sans pesticides ni herbicides de synthèse.
Deux mentions coexistent sur les étiquettes, et elles ne promettent pas la même proportion de fibres biologiques :
- Organic (biologique) : au moins 95 % de fibres biologiques certifiées ;
- Made with Organic Materials (fabriqué avec des matières biologiques) : au moins 70 %.
Le reste peut être composé d’autres fibres autorisées par le référentiel, en mélange. GOTS couvre les fibres végétales comme le coton, le chanvre ou le lin, et les fibres animales, dont la laine de mouton, le cachemire, le mohair, l’alpaga et la soie : un pull en laine peut donc être certifié GOTS, pas seulement un tee-shirt en coton.
La force de GOTS tient à sa chaîne. Chaque entreprise qui intervient sur le produit, de la transformation de la fibre au produit fini, doit être certifiée par un organisme indépendant, et des audits annuels sur site vérifient le respect des critères. Le référentiel ajoute des critères chimiques et environnementaux à chaque étape de la transformation, et des critères sociaux alignés sur les normes internationales, dont l’interdiction du travail des enfants et du travail forcé. Des trois labels de ce comparatif, c’est le seul qui encadre les procédés de transformation eux-mêmes, et pas seulement la fibre ou le produit fini.
Laine sans mulesing : ce que garantit le Responsible Wool Standard
Le mulesing est une pratique d’élevage qui consiste à retirer des bandes de peau à l’arrière-train des moutons mérinos, pour limiter les infestations de larves de mouches. La mention « laine sans mulesing » sur un pull signifie que la laine ne provient pas d’animaux ayant subi cette opération. Seule, elle reste une affirmation de la marque ; adossée à une certification, elle devient vérifiable.
Le Responsible Wool Standard (RWS), développé par l’organisation Textile Exchange, encadre explicitement cette pratique. Son guide de présentation du Responsible Wool Standard est net : « The standard is globally applicable to all breeds of sheep, and mulesing is strictly prohibited. » La règle s’applique à toutes les races de moutons, et le mulesing y est strictement interdit.
Le RWS va au-delà du mulesing. Les élevages sont certifiés sur trois volets, bien-être animal, gestion des terres et conditions sociales, et toute la chaîne doit être certifiée jusqu’au vendeur de la dernière transaction entre professionnels, en général la marque ou le fabricant du vêtement. Le magasin qui vous vend le pull n’a pas à être certifié. Le guide précise enfin que toute allégation doit être approuvée par un organisme de certification agréé.
Si un pull affiche « sans mulesing » sans mentionner de certification, alors la seule façon d’en savoir plus est de demander à la marque sur quel référentiel ou quelle traçabilité repose l’allégation. Une réponse qui nomme le référentiel et l’organisme certificateur se vérifie ; une formule générale ne se vérifie pas.
Les labels environnementaux cités par l’ADEME
Pour l’impact environnemental, l’ADEME renvoie vers d’autres logos que le STANDARD 100. Dans son article sur les matières à privilégier pour ses vêtements, l’agence de la transition écologique écrit : « Si l’on ne trouve pas en seconde main, on peut se fier aux labels environnementaux, reconnus comme Oeko-Tex® Made in Green, Bluesign®, Fairtrade®, Ecolabel européen, Global Organic Textile Standard (GOTS) ou BioRe. » GOTS figure donc dans les deux familles : fibre biologique et label environnemental reconnu.
La même page relativise le poids de la matière elle-même. Une ingénieure de l’ADEME y estime que « le choix de la matière est assez secondaire », l’essentiel étant de choisir un produit de qualité, adapté à ses besoins et porté longtemps. Pour un pull de Noël, sorti quelques semaines par an, la remarque a un sens concret : la durée pendant laquelle vous le porterez compte autant que le logo cousu dans son col.
L’article rappelle aussi que la laine conserve bien la chaleur et retient peu les odeurs, mais que l’élevage de ruminants a ses propres impacts, et il conseille aux fabricants une laine française, coproduit de la viande ou du lait. Pour les fibres synthétiques, l’ADEME signale la libération de microplastiques lors de la fabrication, de l’usage et des lavages, ce qu’aucun label sanitaire ne change.
Le coût environnemental : un score public, à côté des labels
À côté des labels privés, l’État a mis en place un affichage du coût environnemental des vêtements. D’après la page du ministère de la Transition écologique sur l’affichage environnemental des vêtements, ce coût s’exprime en points d’impact, et sa lecture est simple : « Plus le résultat est élevé, plus le produit a un coût pour l’environnement. » Deux nombres apparaissent : le coût total du vêtement, et le même coût rapporté à 100 g de vêtement, à la manière du prix au litre d’un jus de fruits.
Le calcul part de l’analyse du cycle de vie et de la méthode européenne dite PEF, complétée en France par le relargage de microfibres, l’export des vêtements en fin de vie et des critères de durabilité liés aux pratiques des marques. Un coefficient de durabilité, compris entre 0,67 pour les marques de type ultra fast fashion et 1,45 pour les plus vertueuses, alourdit ou allège le coût calculé. Le ministère précise que l’affichage reste volontaire pour les marques : son absence sur un pull ne permet de rien conclure, sa présence permet une comparaison chiffrée entre deux modèles.
Vérifier un label avant l’achat, en quatre gestes
Quatre gestes suffisent pour savoir si un label couvre bien le pull que vous regardez :
- Identifier le label exact : OEKO-TEX STANDARD 100 et OEKO-TEX Made in Green ne certifient pas la même chose, et les mentions GOTS Organic et Made with Organic Materials ne promettent pas la même proportion de fibres biologiques.
- Chercher le numéro de certificat ou le QR code près du logo, et le contrôler, pour OEKO-TEX, sur l’outil Label Check.
- Pour GOTS et RWS, vérifier que la mention désigne le produit et non la seule marque : ces deux référentiels exigent une chaîne certifiée, entreprise par entreprise.
- Lire la composition sur l’étiquette cousue : un label de fibre biologique n’a de sens que rapporté au pourcentage de cette fibre dans le pull.
Pour la composition elle-même, le guide de quoi est fait un pull de Noël passe en revue la laine, l’acrylique et le coton, fibre par fibre.
Ce qu’aucun label ne dit d’un pull de Noël
Aucun des labels décrits ici ne renseigne la taille, la coupe, la tenue de la maille au lavage ou la tendance à boulocher. Un pull certifié OEKO-TEX peut gratter, un pull GOTS peut se déformer, un pull en laine RWS peut feutrer dans une eau trop chaude : ces labels encadrent des substances, des fibres et des élevages, pas le confort ni la durabilité du vêtement fini.
Si un pull vous gratte malgré un label rassurant, alors la cause peut être mécanique, liée à la finesse de la fibre ou à la maille, autant que chimique : le guide un pull qui gratte : pourquoi, et que faire aide à faire le tri. Et si l’écart de prix entre un pull labellisé et un autre vous interroge, la certification n’est qu’une ligne parmi celles que décompose le guide ce qui fait le prix d’un pull de Noël.